Alimentation et cancer : mythes, faits et recommandations pratiques

Un diagnostic de cancer soulève non seulement des questions médicales, mais engendre souvent aussi une avalanche de conseils nutritionnels. Des « régimes anticancéreux » à l'interdiction du sucre en passant par les perfusions de vitamines, l'éventail des conseils prétendument utiles est immense. Mais qu'est-ce qui est vraiment utile ?

Ricarda Hoppe

17. Mars 2026

Une femme souriante, portant un foulard à motifs, prépare des légumes dans une cuisine lumineuse, divers produits colorés étant disposés sur le comptoir devant elle.
L'alimentation en cas de cancer ne signifie pas renoncer à certains aliments, mais soutenir au mieux l'organisme grâce à une alimentation équilibrée. (Image : Adobe Stock)

L'oncologue Professeure Jutta Hübner, experte en oncologie intégrative, apporte des éclaircissements dans l’interview accordée au magazine « Spiegel ». Son message est clair : il n'existe pas de régime spécial contre le cancer mais une alimentation équilibrée peut contribuer de façon décisive au succès du traitement.

Pas de régime contre le cancer – mais une base saine 
Il n'existe aucune preuve scientifique attestant qu'un régime alimentaire particulier permettrait de lutter contre le cancer de façon ciblée. Il est plus important que les personnes concernées aient un apport suffisant en glucides, protéines, lipides et micronutriments. L'objectif est de stabiliser l’organisme pendant une phase thérapeutique souvent épuisante – et non de le solliciter davantage par des régimes stricts.
Sucre et régime cétogène : des mythes risqués 
La théorie selon laquelle le sucre « nourrirait » les cellules cancéreuses persiste – mais elle est fausse. Même renoncer complètement au sucre ne prive pas la tumeur d'énergie. Le régime cétogène est particulièrement critique car il peut facilement entraîner des carences alimentaires et n'offre aucun avantage prouvé pour la réussite du traitement.

Poids : le bon équilibre plutôt que les extrêmes 
L'obésité est un facteur de risque pour le cancer, mais il n'en reste pas moins vrai que les régimes drastiques sont tabous pendant la thérapie. Un poids insuffisant et une malnutrition augmentent le risque de complications. Les petits « péchés », comme un morceau de gâteau, sont autorisés – ce qui compte, c'est le bilan global.
Produits laitiers : une précieuse source de protéines 
Il est souvent recommandé – à tort – de renoncer aux produits laitiers. Des études montrent que le lait et le yaourt peuvent même être associés à un risque de cancer plus faible. Ils fournissent des protéines de haute qualité et des acides aminés importants, qui sont particulièrement importants pendant le traitement.

Le jeûne et les compléments alimentaires : attention aux fausses promesses 
Les cures de jeûne ou le jeûne intermittent peuvent être dangereux pendant un traitement contre le cancer car ils affaiblissent davantage l’organisme. Les perfusions de vitamines à forte dose ou les compléments alimentaires sans carence avérée sont tout aussi critiques. Ils ne sont pas seulement inefficaces. Ils peuvent également perturber le traitement.

Comment reconnaître les recommandations sérieuses :  

  • Pas d’interdictions extrêmes ou de régimes alimentaires non équilibrés
  • Axées sur des directives scientifiquement fondées (par exemple la Ligue suisse contre le cancer)
  • Adaptation personnalisée : en cas de suspicion de carence → diagnostic ciblé et complément via des spécialistes

Le projet « Que manger en cas de cancer ? », qui propose aux personnes concernées des informations fondées et des idées de recettes, est une initiative recommandable.

Conclusion 
Une alimentation saine pendant un traitement contre le cancer est synonyme de diversité plutôt que de privation. C’est en misant sur une alimentation équilibrée, en fournissant suffisamment d'énergie et de nutriments à l’organisme et en ne se laissant pas déstabiliser par des tendances douteuses qu’on contribue au maximum au succès de son traitement et à sa qualité de vie.